Vis ma vi(ll)e sans voiture

Souvent, les gens écarquillent de grands yeux quand je leur dis que nous vivons sans voiture avec trois enfants. Ainsi, lorsque le WWF Suisse m’a proposé de participer au deuxième volet de sa campagne #forgenerationstocome – pour laquelle j’avais déjà écrit en septembre de l’année passée sur le thème « consommer local » – c’est bien volontiers que j’ai accepté.

Peut-être faut-il que je commence par vous expliquer que petite déjà, j’avais de grandes ambitions! J’avais fièrement écrit noir sur blanc que je ne passerais « jamais jamais de la vie » mon permis de conduire, que je n’aurais pas de voiture et que cela irait très bien comme ça. Les années passant et mon sens pratique se confrontant aux réalités du quotidien, j’ai tout de même passé mon permis de conduire, sésame bien pratique à avoir en poche.

Mais nous avons fait le choix de vivre sans voiture. Rares sont les moments où nous le remettons  en question, pour des raisons économiques et écologiques principalement. Nous vivons en plein centre-ville et je suis tout à fait consciente que cette donnée facilite largement ce choix. Loin de moi l’idée de dire que tout le monde doit faire comme moi!

Nous arrivons à faire sans et voilà comment, au quotidien, nous vivons ce parti pris:

  • Le crédo principal: trouver le bon moyen de transport pour le bon trajet, sans dogmatisme et sans pression.
  • En ville, la marche à pied et le vélo (électrique) restent nos moyens de transport de prédilection, avec les transports en commun quand nous sommes avec les enfants et que nous parcourons de plus longues distances.
  • Nous avons beaucoup d’activités et de loisirs proches de nous, au centre-ville. Je suis convaincue que cela ne dérange pas les enfants: au contraire même, à leur âge ils aiment les choses simples et la répétition. Pas besoin de faire des excursions phénoménales tous les weekends, des petites promenades aux alentours leur conviennent bien.
  • Avec un seul permis dans conduire dans le couple (c’est moi!), nous utilisons deux solutions d’auto-partage fort pratiques pour certains trajets occasionnels (achats encombrants, difficulté d’accès aux magasins, visites chez des amis à l’extérieur de la ville, etc.). La coopérative Mobility met 2’930 véhicules à notre disposition en Suisse! Nous pouvons louer différentes catégories de voitures en fonction de nos besoins (petite compacte, break, camionnette, décapotable…) et nous payons au tarif horaire, ainsi que par kilomètre. Je dispose d’une application iPhone pratique: la voiture est louée dans les 3 minutes, à proximité de là où nous nous trouvons, et débloquée grâce à une carte magnétique. Deuxième solution d’auto-partage, Catch a Car nous permet une autre flexibilité: à Genève, ce sont 100 véhicules qui sont parqués dans les rues et qui peuvent être déplacés dans une zone spécifique. Pas besoin de les ramener au même endroit (à l’inverse de Mobility), ce qui est très agréable pour les trajets one way par exemple. Mais je l’avoue, avec ces solutions, le transport des enfants n’est pas pratique, puisqu’il faut balader leurs sièges également, et que c’est plutôt encombrant pour trois enfants. Nous réfléchissons donc toujours à des alternatives avant d’opter pour Mobility ou Catch a Car.
  • Lorsque nous partons en week-end ou en vacances en Suisse, nous essayons de nous y rendre en train et car postal. Les enfants adorent prendre le train, je vous avais d’ailleurs parlé en janvier 2015 des génialissimes wagons enfant. Les CFF disposent également d’un super service de transport des bagages. Pour quelques dizaines de francs (qui compensent laaaargement la location d’une voiture sur deux semaines), les bagages sont récupérés à domicile et livrés à destination, le grand luxe pour voyager « léger » en train (léger… comme avec trois enfants, une grande poussette, et les sacs à dos pour la journée…).
  • Pour des destinations en Suisse qui ne sont pas accessibles en transports en commun, ou pour des vacances à l’étranger, nous avons la chance d’avoir accès à différentes voitures dans nos familles et auprès de nos amis. Nous pouvons les emprunter pour des séjours plus longs et c’est bien pratique également. En tout, cela représente peut-être quatre semaines par année.
  • Et pour les courses alors, pas besoin de voiture? Non, car nous recevons chaque jeudi un panier de légumes, que nous complétons souvent au marché en cours de semaine ou le week-end. Une fois par année, ous recevons de nombreux produits de garde de l’Affaire Tourne-Rêve, dont j’ai déjà loué la qualité dans cet article. Et de manière plus régulière, une fois toutes les six semaines environ, nous faisons livrer quelques courses via LeShop. Finalement, nous utilisons d’autres possibilités de livraison dès que c’est possible (meubles, etc).

Vous l’aurez compris, pour nous, vivre sans véhicule motorisé ne représente aucunement un poids ou une contrainte. A l’inverse, je trouve souvent de nombreux inconvénients à la voiture: il faut la parquer, elle reste la plupart du temps inutilisée et prend de la place, les enfants s’y endorment vite (à des heures farfelues, ou alors 5 minutes avant d’arriver – glauques – à destination) et il faut pendant le trajet se retourner moult fois pour combler leurs petits désirs…

Mais c’est vrai que cela implique un peu d’organisation, d’imagination et d’anticipation. Je n’exclus pas que nous ayons un jour besoin d’en posséder une, mais pour le moment, cela représenterait plus de frais et de contraintes qu’autre chose!

En attendant, c’est presque l’été, et faire du vélo a rarement été aussi agréable que ces derniers jours…

A bientôt!

Louise

PS: Comme je vous le disais, cet article a été écrit dans le cadre de la campagne #forgenerationstocome du WWF Suisse. D’autres blogueuses et blogueurs vous parlent eux aussi de leurs petits trucs du quotidien pour réduire leur impact environnemental. Je vous encourage donc à aller lire les articles de Thérèse and the kids (astuces pour une alimentation écologique) et de Lumai Blog (vers une alimentation végétale). D’autres articles viendront s’ajouter prochainement sur d’autres thèmes!

8 commentaires sur “Vis ma vi(ll)e sans voiture

  1. Je trouve ça tellement top!
    L’année passée, nous avons failli lâcher notre voiture, pour des raisons écologiques mais aussi économiques mais on a pas osé sauter le pas. En pensant qu’elle est quand même pratique dans certains cas… Mais ton récit me fait à nouveau réfléchir 🙂
    Bises
    Virginie

    1. Merci Virginie!
      J’avoue que nous n’avons jamais eu à lâcher de voiture puisque nous n’en avons jamais eu à nous. Ca rend peut-être l’histoire plus facile, dans ce sens… Mais je suis contente si ça fait réfléchir! 😉
      Bises
      Louise

  2. Je trouve ton article très intéressant. Je disais justement à mon mari ce week-end que d’habiter en ville nous permettrait de nous séparer de notre voiture. C’est un vrai budget et je suis déjà à moitié convaincue de son inutilité … affaire à suivre

    1. Merci! Oui je suis bien consciente que si nous n’habitions pas en ville, cela serait probablement bien différent! Mais cela me paraissait important aussi de dire que c’était simple et même plutôt chouette! 🙂

  3. Super chouette article. Depuis que je travaille pour les Transports publics biennois et que j’habite à 10 minutes à pied du bureau, ma voiture ne bouge que rarement du garage. J’avoue avoir plus de peine à m’en passer en hiver pour les activités familiales 😬. Bravo en tout cas!

    1. Merci Tina!
      Oui en plein hiver pour le ski ou en été lorsque nous sommes en vacances pour rayonner par là autour, c’est vrai que parfois on se pose la question. Puis le rythme reprend et on voit qu’elle serait juste parquée 95% du temps…
      Belle soirée! 😉
      Louise

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