Histoires de princesses

J’ai quelque chose avec les princesses. Un truc de féministe, probablement. Un truc de maman qui espère que la phase « princesse » sera de courte durée et que sa fille sera forte, courageuse, affirmée et déterminée (bien que l’un n’empêche pas l’autre, en fait…).

Alors j’ai toujours été un peu sur la réserve quand Quinette me parlait avec des étoiles dans les yeux de la Reine des neiges, quand elle me disait « plus tard je serai princesse, et j’attendrai le prince toute la journée pour aller danser le soir »… Je levais les yeux au ciel et je me disais… « mais qu’ai-je fait? »… Ça vous est déjà arrivé?

En parallèle, et sans forcément m’en rendre compte, j’ai totalement investi les passions de Bonhom: la ferme tout d’abord, puis les pompiers, et maintenant les chevaliers et pirates. J’ai adoré lui dégoter de chouettes cadeaux et livres en lien avec ses marottes, en discuter avec lui et inventer de drôles d’histoires. Peut-être parce que c’est plus concret et plus réel, plus terre-à-terre que les princesses. Sans doute plutôt parce que cela me plaisait bien davantage que le monde des princesses de Quinette, monde abstrait fait de paillettes, de rêveries et, dans mon esprit, de pauvres petites femmes soumises attendant leur prince charmant.

Je m’en suis rendue compte, de cette inégalité que j’induisais dans la manière dont « j’investissais » ces différentes manies/passions. Et j’ai réfléchi à cette éducation non genrée que nous cherchons à leur donner, aux stéréotypes que je veux déconstruire. Mais j’ai aussi réfléchi à ce qui leur faisait tellement plaisir, à ce qui les rendait heureux dans leur quotidien de petit enfant.

J’en ai conclu que mes deux enfants, à l’âge qu’ils ont, ont besoin de ces jeux-là, de cette identification, de ces histoires qu’ils se racontent. Alors je pense que c’est notre rôle, à nous parents et adultes, de leur montrer des alternatives, de les amener doucement vers d’autres univers, d’élargir leur esprit et le spectre de leurs intérêts.

Voici donc notre petite sélection de livres et albums sur le thème des princesses. Nos héroïnes sortent un peu de l’ordinaire et sont souvent fortes, courageuses, belles, intrépides et espiègles. Quinette et Bonhom ont quatre ans et demi et trois ans, et nous lisons ces différents livres depuis quelques temps. Avec humour et détachement.

Lola, Reine des princesses

Carl Norac & Claude K. Dubois, éd. Ecole des loisirs

Un livre drôle et attachant, qui parle des nombreux cadeaux que l’on reçoit à Noël – c’est bientôt de saison! – et de la jalousie que ces derniers peuvent susciter… Il aborde aussi les notions de partage, d’empathie et d’inventivité. Nous aimons beaucoup les petites histoires de Lola et de son entourage, et ce livre-ci ne fait pas exception.

 

La princesse, le dragon et le chevalier intrépide

Geoffroy de Pennart, éd. kaléidoscope

Les enfants ont tout de suite adoré cet album, qui met en scène une princesse prénommée Marie, un dragon, Georges, et Jules le chevalier. Ce dernier est intrépide, mais cela le rend un peu niais. Georges en est tout de même jaloux, car il aimait bien avoir Marie juste pour lui, avant l’arrivée tonitruante de Jules. Au fil des aventures de Jules pour démontrer sa force et sa bravoure à Marie, il croise toutes sortes de créatures plus atroces et rigolotes les unes que les autres. Contexte « princesse/chevalier » respecté, esprit décalé, fous rires assurés!

Dans la même série, il y a aussi Jules le chevalier intrépide agaçant, qui est plus difficile à lire et à comprendre, car Georges le dragon parle à la première personne du singulier. Je le garde pour dans quelques temps. Nous n’avons pas (encore!) lu les autres de la série, Georges le dragon et Au service de la Couronne.

 

La pire des princesses

Anna Kemp & Sara Ogilvie, éd. Milan

Nous adorons les aventures de Zélie, princesse rêvant d’aventures et de péripéties, plutôt que d’un simple donjon, de jolies robes et de manucure. Alors évidemment, quand le prince – dont elle se languit pourtant depuis bien trop longtemps – débarque et l’enferme dans son château, cela ne lui convient pas, mais alors pas du tout. Heureusement qu’un dragon griffu arrive et l’emmène hors de son placard doré. Les dessins sont très chouettes: un trait assuré et de belles couleurs éclatantes.

Logiquement, les mêmes auteures ont également publié Le pire des chevaliers, un récit qui déconstruit les clichés du crapaud qui se transforme en prince ou chevalier. Il met en scène César, qui cherche à tout prix une princesse à embrasser. Il la trouve (c’est Zélie et son ami le dragon), mais cela ne se passe pas tout à fait comme prévu… Zélie le trouve chouette, mais elle estime qu’elle n’a pas besoin d’être protégée et qu’elle se débrouille très bien toute seule… À bon entendeur!

 

La princesse et le dragon

Robert Munsch et Michael Martchenko, éd. Talents Hauts

Les enfants aiment bien cet album, simple à lire et à comprendre, et aux illustrations très parlantes et descriptives. C’est une nouvelle histoire de princesse rebelle qui ne va finalement pas épouser le prince charmant auquel elle était destinée. En effet, un dragon vient perturber leurs plans et se montre bien plus fort et vigoureux que le prince Ronald. Alors l’histoire ne finit pas tout à fait comme elle aurait dû…

 

Olivia, Reine des princesses

Ian Falconer, éd. Seuil jeunesse

Beaucoup d’humour dans cet album qui met en scène la petite Olivia, un cochon, qui ne veut pas se déguiser en princesse comme toutes les petites filles. Elle cherche des alternatives pour ne pas être pareille aux autres, cogite…et trouve finalement une bonne idée, être…Reine! Le second degré fait rire les parents, et il y a quelques notions à expliquer aux enfants pour qu’ils comprennent bien l’histoire. C’est un régal de livre!

 

La princesse attaque!

Delphine Chedru, éd. hélium

Le scénario n’est pas banal, puisque c’est l’histoire de la princesse Attaque qui part au secours du chevalier Courage. Elle doit affronter de multiples dangers et résoudre plusieurs énigmes pour le libérer. Sur le modèle du livre-jeu dont l’enfant et le héros ou l’héroïne (comme joliment précisé sur la page de couverture), ce livre mène ses lecteurs à l’aventure. J’aime beaucoup la finesse d’esprit et le trait de Delphine Chedru, qui dit souvent beaucoup de choses sans forcément les écrire ou les dessiner. Nous ne l’avons pas regardé avec les deux enfants, je le réserve pour le moment à Quinette, qui comprend mieux les enchevêtrements de l’histoire et peut aider Attaque à résoudre les différentes énigmes.

 

Wonder Woman, L’histoire de la princesse amazone

Ralph Consentino, éd. P’titGlénat

Chouette histoire, qui raconte l’histoire de Wonder Woman, une princesse amazone, qui fait face à plusieurs combats et qui devient une superhéroïne comme les studios d’animation n’en font pas assez. Pour une fois, c’est une femme qui affronte des ennemis, les combat, lance puissamment le javelot et fait marcher ses superpouvoirs. Pour les enfants, ce livre est une bonne « initiation » à la bande dessinée et aux pages comportant plusieurs images et des cases de texte. Mais j’attends encore le moment opportun pour le montrer aux enfants… peut-être lorsqu’ils me diront qu’il n’y a que des super-héros et que ce ne sont jamais des femmes?

 

Finalement, pour les adultes et/ou adolescent-e-s, j’ai déniché (merci maman!) ce « Guide des métiers pour les petites filles qui ne veulent pas finir princesses« , de Catherine Dufour (aux éditions Fayard/Le livre de poche), qui rassemble une cinquantaine de professions vues comme masculines: physicienne, agent secret, chef d’orchestre, femme d’affaires, surfeuse,… Pour chaque métier, l’on découvre à la fois le portrait d’une pionnière et celui d’une femme d’aujourd’hui. Intéressant et enthousiasmant!

Bonnes lectures,

Louise

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